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  Carl-Gustav-Jung

« On ne saurait changer ce qu’on n’accepte pas »

C.G. Jung, cité par Roland Cahen dans « La guérison psychologique »

Une minute de philosophie avec cet aphorisme du maître suisse, qui trouve plus d’une résonance tant dans le coaching que dans notre progression personnelle.

Bien souvent, nous dirigeons toute une énergie psychique vers la résistance, vers le rejet de « ce qui ne devrait pas être comme ça ». Notre chef devrait être attentif et juste, nos subordonnés devraient être créatifs et responsables, nos collègues devraient être solidaires… et pour ceux qui travaillent au service d’une mission, par exemple dans le monde associatif ou dans celui du service public, c’est bien souvent le monde lui-même qui devrait être autrement !

Il y a un angle subtil, un équilibre délicat à trouver entre gaspiller son énergie  dans une protestation intérieure stérile, et accepter béatement l’injustice. « Accepter » une réalité ne signifie pas qu’on l’approuve, qu’on l’apprécie, mais seulement que nous sommes libres de nos émotions négatives à son sujet. Nous sommes capables de juger que cette réalité n’est pas satisfaisante, mais capables aussi de choisir de ne pas y consacrer notre énergie mentale, de ne pas nous en soucier. Ou bien, libres de choisir d’engager notre énergie pour changer cette réalité,  dans la mesure de nos moyens.

Cette position, qui est celle du stoïciste,  nous ne pouvons la tenir sincèrement que lorsque nous avons émotionnellement « tourné la page », « fait le deuil », « accepté » la réalité. Avant cela, nous sommes pilotés par la charge émotionnelle de notre refus, et nul ne peut contrôler ses émotions (c’est un autre sujet…).

Je crois que c’est à cette liberté de choix, à cette capacité de diriger notre propre attention, que nous invite Jung. Tout un travail… celui d’une vie, sans doute !