Conseil, coaching, ou centrage sur la personne

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Conseil, coaching, ou centrage sur la personne

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hillary_SherpasmallUne opposition bien classique : tous le puristes du coaching vous diront que le conseil est non miscible avec le coaching parce que le coaching, c’est  « l’art aider la personne à trouver ses propres solutions » (selon François Delivré) alors que le conseil, c’est l’art de donner les bonnes solutions.

Globalement, de leur côté les consultants auraient plutôt tendance à prétendre qu’ils font du coaching, le soir autour d’une bière, et d’ailleurs que le coaching n’aborde pas les vrais problèmes.

Etant moi-même consultant et coach, je suis bien obligé de « mixer » les deux postures et je voudrais tenter d’approfondir cette opposition déclarée, mais qui ne me convient pas.

Comme consultant, je peux choisir de développer des propositions de réponses toutes faites et les vendre à mes clients.  C’est utile, comme un livre, un cours . L’investissement  que j’ai fait lui économise du temps et des efforts. Lorsque c’est clairement annoncé, cette posture laisse une grande liberté : le client fait ce qu’il veut avec ma « soupe », comme il peut refermerun livre quand il le souhaite. Cependant si je m’affiche comme consultant et n’adapte en rien mes réponses, j’ai un problème déontologique et un défaut d’efficacité immédiatement perceptible.

A l’inverse, si je ne fais que m’adapter et écouter, sans stock de connaissances aucun, le client peut avoir l’impression que je n’apporte pas grand-chose, c’est une ombre sur la qualité de notre relation. On s’attend à ce que je propose des idées !

J’essaie donc d’écouter mes clients, et d’adapter mes propositions – de consultant – en puisant dans mes stocks de connaissance à bon escient. En pratique, les dialogue est crucial et les « solutions » naissent de ce dialogue, pas de mon seul cerveau. Sans ce dialogue, les conseils restent sans effet.

En coaching, je suis censé d’abord écouter et amener le client à trouver ses solutions. Mais j’en fais bel et bien quelque chose : j’élabore des diagnostics, je les partage (c’est ma déontologie), il me vient des réactions ou pensées qui si elles persistent, doivent elles aussi être partagées. Par exemple, si la pensée « il va se planter » ou « ce n’est pas réaliste » persiste, je serais en faute de ne pas la mettre sur la table… Mais cette pensée, elle naît principalement de mon expérience, des gens et de l’entreprise. Plus généralement, j’ai tout de même l’essentiel du « pouvoir » – une position haute – sur le processus de notre travail ensemble, et j’exerce ce pouvoir sur la base de connaissances.

Cependant, si j’interviens trop, je ne le laisse pas progresser – c’est vrai si je m’immisce dans les questions de contenu, mais ausis si j’en fais trop en termes de diagnostic, de catégorisation, d’interprétation. Et si je le laisse seul sans réaction aucune, je fais de l’écoute pure – et encore.

Ainsi, que je sois consultant ou coach :

  • je donne une grande place à l’écoute, à la compréhension
  • j’exprime quelque chose de mon expérience, de mes connaissances – plutôt sur le contenu des choses comme consultant, plutôt sur les processus comme coach.

Alors, l »opposition entre les postures de coach et de consultant me semble un peu surjouée. Il y a une différence de registre, de champ de l’échange, mais pas une opposition majeure. Pour moi, dans les deux métiers, on  doit être tout autant à l’écoute du client et en proposition authentique de soi-même.

En pratique, il m’arrive que des clients en coaching me demandent des conseils, ou simplement de l’information. Je leur demande souvent s’ils n’auraient pas leur propre réponse. Mais si la demande persiste, dans bien des cas je réponds. Le client choisira ce qu’il fait de ma proposition.

Il est plus rare que les clients en conseil demandent explicitement un accompagnement personnel (je consulte surtout dans de grandes multinationales, la solitude du cadre y prend une autre forme que dans les PME). Par contre, il est extrêmement fréquent que les enjeux personnels soient présents – lorsque je crois le percevoir, pourquoi ne pas proposer d’en parler ? Le client choisira ce qu’il fait de ma proposition.

Au-delà des peurs ou généralisations des deux communautés professionnelles, consultants et coachs ont tous deux à développer ce subtil mélange d’écoute et de parole, d’adaptation et de savoir, de compréhension empathique et de congruence (pour adopter le vocabulaire rogérien..) qui permet un véritable travail d’aide et d’accompagnement, une véritable construction commune.

2016-11-03T09:00:53+00:00

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