Développer son leadership humaniste

Situations

  • Quel est mon style propre, quelle est ma manière personnelle d’exister et d’être en relation au travail ?
  • J’aimerais insuffler plus d’humanité, mieux prendre en compte les personnes dans mon travail, dans mon équipe, dans l’organisation que je dirige. Comment faire ? Est-ce possible, dans un monde qui semble aller à l’inverse ?
  • Nous sommes les rois de la performance, mais à quel prix humain…
  • Je suis persuadé qu’en étant plus attentifs au bien-être des personnes, nous serions à la fois plus sereins et plus performants.
  • Nous avons intégré l’essentiel des bonnes pratiques de la performance. J’aimerais maintenant permettre à l’organisation de souffler, créer un peu plus de bien-être et de qualité de vie au travail.
  • etc…
Autant de questions, et d’autres fréquentes, qui reflètent deux questions de fond sur notre vie au travail : celle du sens et celle des relations.

  • Le sens : quels sont mes objectifs ? Quel étendard guide ma course, quelle cause sert mon engagement quotidien au travail ?
  • Les relations : Avec mes collègues, mes collaborateurs, mes partenaires, que partageons-nous, que nous apportons-nous mutuellement ? Formons-nous une harmonie qui sonne juste, ou une cacophonie ?

Développement personnel et impact concret

Je mets en avant sur ce site depuis quelque temps, ce concept de Leadership Humaniste. Présenté ici en plus de détail,  on pourrait le résumer ainsi : Le Leadership Humaniste, c’est l’engagement de soi-même et des autres dans une dynamique qui cherche à intégrer la performance, les exigences des missions, avec les valeurs et les dimensions humaines.SchemaLH

Ces deux dimensions, leadership et humanisme, sont souvent opposées : l’exercice de l’autorité prend effectivement de nos jours une forme souvent excessive, insensible, écrasante pour les femmes et les hommes concernés. Symétriquement, la volonté légitime de protéger chacun peut nous pousser à l’immobilité – oui, on peut aussi souffrir d’un excès d’humanisme ! Ou plus précisément, d’un excès des représentations trop simples dans lesquelles on enferme souvent le mot « humanisme ».

Un leader humaniste doit-il être gentil ? Faut-il que son entreprise soit « libérée »  ? Peut-il produire des armes, fermer des usines, et rester humaniste ? Je ne sais pas !  Je ne propose pas de modèle, pas de norme standard du « bon » leader humaniste : bien au contraire, ma proposition est que toutes les valeurs humaines sont bonnes, il s‘agit pour chacun de nous de trouver son propre style, sa propre voie, son propre « mix » de valeurs exprimées dans la vie professionnelle.

L’époque actuelle est à la coopération, au management coopératif, à la co-construction. Les jeunes gens des générations Y ou Z, n’ont pas les mêmes références que leurs parents (j’en fais partie..) sur les niveaux sociaux, les statuts, les postes : on travaille  avec qui est utile, coopératif, simple dans la relation; on est en contact social avec des dizaines, des centaines de personnes. Le leadership de demain sera sans doute collectif, ou en tout cas plus collectif que celui d’avant !

Ce parcours s’adresse à tous ceux qui souhaitent explorer ces questions, quel que soit leur niveau hiérarchique : tout le monde peut exercer une forme de leadership. C’est un parcours d’initiative personnelle pour faire le point, se positionner et s’engager à sa mesure, avec ses moyens et son histoire, sur cette dimension du leadership humaniste.

C’est en même temps un parcours qui se traduit par des impacts très concrets : les valeurs n’ont de.. valeur, que lorsqu’elles s’incarnent concrètement, dans l’action. Dans ce parcours on aborde les pratiques de manager, dirigeant ou employé; les valeurs et la culture professionnelle que l’on incarne, que l’on « rayonne »; les questions d’orientations et de priorités dans la trajectoire professionnelle; et bien d’autres dimensions…. A mon avis d’ailleurs, tout manager ou dirigeant devrait le suivre, ce parcours !

Un parcours en sept étapes

Le parcours comporte sept étapes. Il peut être abordé de manière systématique et structurée ou plus partiellement, par petites touches, dans le cours d’un accompagnement (coaching) portant sur d’autres objectifs. Chaque étape se définit par des questionnements ouverts, qui visent à élaborer les réponses qui vous correspondent. Différents outils d’aide à la réflexion, sont pertinents à chaque étape.

Le cycle d

Le parcours se fonde sur une base bien particulière : vous-mêmes ! C’est sur cette base et seulement sur elle, que l’élaboration qui suit sera bien la vôtre. Le questionnement est le suivant :

  • Qui je suis : ma personnalité, mon style, mes valeurs, mes convictions, mon cadre de référence
  • D’où je viens : ma généalogie, mon enfance, mes expériences, mes apprentisages..
  • Pour moi, qu’est-ce que l’humanisme ? (j’avais moi-même cherché mes propres réponses à cette question, en testant le parcours, ici)

Parmi les outils mobilisables : inventaires de personnalité, cercle de vie, clarification des valeurs…

Derrière ce thème général du Leadership Humaniste, que voulez-vous ? Je ne vous laisserai pas vous satisfaire d’un catalogue de bonnes actions. Votre intention pourra être grandiose ou modeste, personnelle ou solidaire, rebelle ou conformiste.. tout est acceptable, si c’est bien vous.

  • Qu’est-ce que je vis actuellement au travail, quelles questions cela me pose-t-il ?
  • Quels sont mes désirs, rêves, visions, appels ?
  • Quelle est ma problématique ?
  • Q’est-ce que je souhaiterais apporter ? A qui, avec qui, pourquoi ?
  • De quoi ai-je besoin ?

La clé principale à ce stade est l’authenticité : entre moi et moi, qu’est-ce que je me sens vraiment en désir et en mesure de faire ? Introduire un peu plus de sérénité, faciliter la vie des gens, instituer un premier dialogue, sont des objectifs qui peuvent paraître modestes et en même temps, traduire des valeurs puissantes et authentiques (la modestie est d’ailleurs elle-même une belle valeur..)

Un outil que j’apprécie à ce stade est le modèle des « étoiles de vie », que j’ai adapté de François Delivré. Des approches narratives ou de visualisation, peuvent être utiles ici également.

Il s’agit ici de se préparer à affronter le réel, et pour cela de choisir ses batailles et ses étendards.

  • Quelles batailles vais-je livrer, quels projet vais-je lancer ?
  • Symétriquement, de quels autres thèmes vais-je provisoirement  faire mon deuil ? Qu’est-ce que je lâche dans mon projet de leader humaniste, dans mon quotidien ?
  • Quels seront mes objectifs ?
  • Quels sont les risques que je peux prendre, et en ai-je les moyens ?
  • Qui pourront être mes alliés, qui seront peut-être mes adversaires ?

Il s’agit d’une véritable réflexion stratégique, analogue à celle qui devrait être menée au départ de tout projet de changement – mais ici, on l’applique à soi-même au travail. L’expérience de « redescendre sur terre » après le travail sur les valeurs et l’intention, avec un regard réaliste et analytique, n’est pas forcément confortable.. mais elle est capitale.

Nous avons développé avec mon camarade Emmanuel Bompy, le « Radar du Leadership Humaniste » : un outil simple mais et puissant, illustré par le schéma ci-dessous. Radar

D’autres outils comme l’analyse sociodynamique des alliés, l’analyse des enjeux et risques, pourront être pertinents ici.

Dans les étapes 4 à 6 l’action s’engage… et la réalité, le vécu vont enrichir et modifier le projet.

  • Qu’est-ce que j’annonce autour de moi  ? Vaut-il mieux avancer discrètement, ou s’identifier publiquement comme porteur d’une nouvelle dynamique ?
  • Quel est mon rapport au temps ? Vais-je plutôt viser une petite progression ciblée et rapide, ou une longue quête ?
  • Comment les personnes qui m’entourent réagissent-elles à mes propositions, à mes évolutions ? Que me disent ces réactions ?
  • Quel est mon ressenti, comment je résonne à ces premiers pas ?

Toute action qui vous mobilise en profondeur, comprend une traversée de l’ombre… Tapis dans cette ombre les esprits les plus puissants sont ceux du temps, du doute, du regard social.

Certaines rencontres auront peut-être été fécondes, amenant à reformuler ou réinventer l’intention initiale.

Dans cette traversée cependant, nous nous enrichissons et en particulier, nous aurons bénéficié d’une occasion unique de nous observer et découvrir dans une initiative qui nous est propre, et donc de révéler – avant tout à nous mêmes – une part de notre « génie personnel », cette composition unique de valeurs et de savoir-faires qui nous constitue.

  • Qu’ai-je réussi à tenter, au milieu des évènements et de la pression quotidienne, dans le sens de mon intention de leadership humaniste  ?
  • Dans ces tentatives, quels ont été les moments où je me suis senti à ma place, dans le plein exercice de mes capacités, « dans le vrai », que la réussite ait été là ou non  ?
  • Quels modes d’action, compétences, attitudes ai-je mis en œuvre dans ces moments, et qu’est-ce que cela dit de moi  ?
  • Où en est ma relation avec les personnes concernées par mon initiative ? Ai-je su m’affirmer, ai-je su écouter ? Qui me suit ?
  • Qu’est-ce que j’apporte à la société, à l’intérêt général ?

Les « initiés » auront reconnu notamment ici la méthode du questionnement appréciatif, une méthode pertinente pour extraire des évènements des enseignements positifs.

« Destin », parce que nul ne peut prévoir à l’avance les résultats du parcours ! Ce qui compte, c’est l’authenticité de la démarche.

Dans ce type de parcours, les transformations sont souvent très significatives – tel qui recherchait la douceur et la tranquilité, se reconnaît comme plus utile en exerçant une autorité affirmée; tel autre qui portait l’étendard de la performance, se retrouve mieux à servir avec humilité les personnes de son entourage, tel enfin aura résolu de changer d’orientation professionnelle… tout est possible, et l’action en dit plus sur nous-mêmes que nos propres introspections initiales.

Quand quelqu’un prend une décision, il se plonge en fait dans un courant impétueux qui l’emporte vers une destination qu’il n’a jamais entrevue, même en rêve

Et comme je tiens particulièrement à ce principe du « lâcher-prise » sur ce qui nous advient, voilà une référence de poids :
Etabli dans l’union, fais ton devoir sans t’attacher à la réussite ou à l’échec
Baghavad-Gita (le livre du bienheureux), ch2 v 48
C’est l’étape de conclusion, de prise de recul sur l’ensemble du parcours. On envisagera également ici le futur, les suites : prendre le temps de digérer tout cela ? Poursuivre, approfondir certains thèmes ?  L’approche narrative est bien adaptée ici :
  • Qu’ai-je appris : sur moi-même, sur les autres, sur le monde ?
  • Qui suis-je maintenant, après ce parcours ?
  • Quel est mon « nouveau futur » ?

Accompagnementalpinistes au coucher/lever du soleil

Ce parcours reprend des étapes de réflexion et d’action très naturelles, et chacun pourra l’effectuer seul. Cependant il comporte plusieurs obstacles… dont l’idée même de s’engager dans un projet de Leadership Humaniste, qui peut sembler complètement farfelue ou inflationniste (« qui suis-je pour cela? »).

Se faire accompagner ici, c’est se donner un plus de courage et de dynamique, un peu d’expérience pour éviter les pièges,  du soutien et de la compagnie pour la réflexion. Plus fondamentalement, le concept même de Leadership Humaniste implique la relation, l’ « offrande » de notre propre manière de voir à ceux que nous côtoyons, et l’effort de compréhension empathique de leurs propres points de vue. Votre coach sera votre premier « auditeur » !

Le dimensionnement du parcours (combien de séances, quelle durée) est à adapter au cas par cas. Un premier parcours-test réduit est utile (une séance ou deux), un accompagnement au long cours aussi. Mon expérience me fait dire qu’en 8 séances on est quasi-certain de faire quelque chose d’intéressant, d’avancer.

Inspirations

Tout cela peut sembler bien ambitieux : intention,  inspiration, génie personnel, destin… . Oui, et en même temps ce parcours doit rester très concret, appliqué, et ajusté au projet de chacun. Il ne s’agit surtout pas de favoriser l’inflation psychologique, de lancer une croisade à la Don Quichotte, ou d’écrire le catalogue de ses bonnes résolutions !

Voici quelques-unes de idées qui inspirent ce parcours :

  • La position fondamentale, comme quoi le leadership humaniste ne se définit pas par une norme mais s’exprime différemment pour chacun, est inspirée par Carl Rogers et tout particulièrement, par son concept de « tendance actualisante » de l’individu. C’est un paradigme extrêmement puissant et exigeant. Il est profondément non moralisateur : il n’y a pas de bonnes pratiques, le management bisounours n’est pas plus humaniste qu’un autre… ce qui est plus humaniste, c’est de se poser la question en conscience, et de laisser l’humanité en nous s’exprimer.
  • La notion de valeurs en action, celle de génie personnel, sont inspirées par la philosophie de Carl Gustav Jung et en particulier sa notion d’individuation, qui décrit le développement de la personne comme la prise de conscience du « mix » unique de forces psychiques profondes, d’archétypes, qu’elle incarne. Pour les plus curieux, le terme « inflation psychologique » utilisé plus haut est aussi un terme Jungien.
  • Le parcours lui-même résonne avec le Voyage du Héros de Joseph Campbell, m’a-t-on dit.. C’est (presque) fortuit.
  • L’urgence d’un Leadership plus Humaniste, c’est l’évidence de l’époque, confirmée par le développement dans toutes les entreprises de la coopération, co-construction, « libération », etc… Lire aussi « les entreprises humanistes » de Jacques lecomte, au moiment où j’écris c’est le meilleur livre à ce sujet !
  • Le concept de Leadership Humaniste n’est pas si simple, il pose de nombreuses questions –  j’ai essayé de le conceptualiser un peu plus en détail ici.
  • Tout est déjà écrit, ou presque ! Je découvre fortuitement la « Théorie du leadership authentique » – je n’en ai lu que la description ci-dessous, mais le parcours proposé ici  en est semble-t-il une bonne mise en oeuvre…

    « À l’opposé des théories sur les styles de leadership, le leadership authentique considère que chacun a un style de leadership unique relatif à ses études, à son expérience, à son histoire, à sa personnalité. Il repose sur l’authenticité de la personne. L’authenticité est un concept philosophique de la Grèce antique : « Est authentique ce qui est fidèle à soi-même. » Le leader authentique a une conscience de soi et agit. Il interprétera chaque situation par rapport à un axe pratique et un axe moral. Il cherchera des solutions nouvelles reflétant l’authenticité, la réalité et dépassant les tensions morales. » (Du management au leadership agile – 2e éd. (Les Topos) par Cécile Dejoux)

    Les auteurs représentatifs : Werner, Jeanrond, 1987 ; Terry, 1993 ; Ladkin et Taylor, 2010.

Enfin, je tiens un petit blog/revue de presse sur le leadership humaniste, où paraissent quelques ressources et articles inspirants sur ce sujet.

Bons cheminements humanistes !

2016-11-03T08:52:09+00:00

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