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boiling frogBien sûr, la fin des ressources de pétrole, ça n’est pas un scoop. La nouveauté, c’est que c’est maintenant l’AIE qui parle, l’Agence Internationale de l’Energie, qui a longtemps traité les théories du « peak oil » comme des élucubrations et les inquiétudes sur le changement climatique comme des angoisses de jeune fille immature.

Cette fois, et malgré toutes les restrictions et l’auto-censure à laquelle l’AIE est obligée (elle dépend des états membres), une date est avancée pour le peak oil : c’est pour 2020, en tout cas s’agissant du début d’un « plateau ». L’AIE change de registre : tout cela est une grosse révision  des données annoncées l’an dernier. Pour beaucoup, ces annonces prudentes cachent une réalité plus dure : le pic est en réalité presque là, pour 2012 environ.

L’ AIE appelle maintenant à une « révolution mondiale de l’énergie« , dès maintenant, par la voix de son Chief Economist Fatih Birol. En résumé, soit nous investissons de l’ordre de 1% du PIB mondial dans les énergies alternatives, soit nous allons à la catastrophe. Le mot est d’eux !

En vue des négociations de Copenhague, l’AIE publie son « scénario 450 » – une vision de comment le secteur de l’énergie pourrait contribuer à un scénario qui n’aboutirait qu’à 450 ppm de CO2 dans l’atmosphère après 2030, et limiterait le réchauffement climatique à 2°C.

Ce scénario demande une mobilisation massive de tous les pays, dans la réduction des consommations et dans des investissements alternatifs. Il faudrait investir un petit 10 000 milliards de dollars – mais on s’y retrouve presque en économisant, dès 2030, 8 000 miliiards. Et chaque année de retard coûtera 500 milliards de plus..

Personnellement, je regrette avec un peu d’amertume que le monde ait réagi si mollement après les annonces du Club de Rome à la fin des années 60, puis après le premier choc pétrolier en 1973. Il y a près de quinze ans, j’ai usé mon énergie à maintenir un cours d’initiation aux enjeux environnementaux dans une grande école de commerce, l’EM Lyon pour la nommer, qui se fichait royalement du sujet et l’a abandonné à la minute suivant mon départ. Toutes les données d’aujourd’hui étaient sur la table alors…. Quelle honte !

Aujourd’hui, le choix me semble se dessiner entre une contraction gérée et une contraction forcée :

  • Contraction gérée : par la concertation, les accords internationaux, Kyoto et post-Kyoto .. pas gagné d’avance. A nous d’y contribuer !
  • Contraction forcée : par les prix, par les rapports de force, par la guerre…

Tout cela n’est pas neutre pour nous, coachs et leaders humanistes en herbe (pour autant qu’il en reste, de l’herbe..). Quelle place prenons-nous dans ce mouvement ? Quelle que soit l’issue qui se dessinera, le leader humaniste – ou la part humaniste dans chaque leader – sera sollicité pour traverser les épreuves, faire des choix de précaution ou d’attente, s’adapter, accompagner les souffrances possibles, s’engager peut-être, garder l’espoir en tout cas …

A voir :

peak oil graph