La Piste des Valeurs

La Piste des Valeurs

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colors of fallCe petit texte a été écrit initialement, dans le cadre des Ateliers de Leadership Humaniste. La démarche d’expression décrite constitue une entrée possible dans le sujet du leadership humaniste, mais je crois qu’elle est intéressante pour tous dans une démarche de développement personnel.

Fidèle à mon habitude, je me prends comme cobaye – ou pilote d’essai, chacun choisira son image favorite !
Toute la démarche des Ateliers consiste à permettre aux participants de découvrir, de formuler leur propre version du leadership humaniste.  La manière habituelle de se lancer est de s’appuyer sur le cadre et la méthodologie posés par l’animateur. Je tente ici une autre approche, par l’écrit : parce que j’y suis à l’aise, pour « tester » cette idée, et le cas échéant pour ouvrir la voie  à ceux qui souhaiteraient se lancer.

Le but du jeu, donc, est de répondre à la question :
« L’humanisme, dans votre expérience et ressenti personnel, c’est quoi ? »;

puis d’imaginer, en fonction des réponses, quel style de leader humaniste je pourrais être.

  • Ce qui me vient à l’esprit en premier, c’est une importance accordée aux valeurs du devoir, de la responsabilité. Assumer mes responsabilités vis-à-vis de ma famille, de mon entreprise, de la société, voire même de mes références philosophiques ; contribuer, être utile;  aller au bout de ce que je suis sensé faire, tout en respectant les règles et les processus… C’est une position vis-à-vis de la société, mais aussi une position personnelle : estime de moi-même, sentiment d’accomplissement, fierté, tout cela en découle.

Les adeptes de la Process Communication y reconnaîtront ma base Persévérante, bien réelle. Concrètement, j’ai tendance à valoriser les leaders qui agissent de manière responsable envers les gens, la société, l’avenir. Je lance des projets de long terme. Je suis engagé dans une vie associative.

Autour de ces premières valeurs, que serait un leadership plus humaniste pour moi ? Devrais-je me faire un croisé de la responsabilité, de la morale et de la vertu en affaires ? M’engager dans le champ de la Responsabilité Sociale des Entreprises ? Pourquoi pas, mais ce n’est pas ce que je sens. En effet derrière ce sens des responsabilités, il y a aussi le besoin d’être reconnu, aimé, et la peur de faillir. Ainsi, si je prends mon impulsion au devoir comme une vérité absolue, je remplace mon humanité par une doctrine.

Finalement, ma contribution, cela pourrait être un partage au sujet de cette valeur de responsabilité. Partager le plaisir que je ressens à agir de manière responsable, échanger sur le devoir et la légitimité du moment, écouter la sensibilité des autres, comprendre les moments où l’irresponsabilité est nécessaire… Voilà qui pourrait constituer un objectif de posture humaniste qui me conviendrait.

  • Un deuxième volet de mes valeurs, je suis particulièrement sensible à la liberté… surtout à la mienne. A la seconde où je crois pressentir l’ombre d’un mot qui pourrait tendre à essayer de me dire ce que je devrais faire ou – pire encore – penser, mes capteurs pileux se hérissent .  La plus simple des vérités doit comporter un petit « mais », un espace pour respirer, s’échapper, changer de bord.A pratiquer : faire bénéficier les gens autour de moi de ces espaces de liberté et de la joie qu’ils procurent, essayer de m’expliquer tranquillement auprès de ceux qui ne se rendent pas compte qu’ils m’enferment plutôt que de les fuir,  faire l’effort d’accepter certaines contraintes …
  • Troisième volet : l’ouverture à la diversité. Je suis curieux de toutes les cultures, de toutes les différences; saisir comment l’autre pense, m’y adapter. J’ai pas mal voyagé dans la réalité, mais plus encore par le rêve et l’esprit. Le revers de cela, c’est la difficulté à savoir qui je suis, à me reconnaître des racines propres.

Je pourrais continuer à explorer d’autres aspects :  chacun est riche et complexe. Mais peut-être serait-il aussi fructueux d’explorer mes faces cachées.  Obstination, manie d’avoir raison, incapacité à la confrontation saine, demandes sans fin de reconnaissance, manque d’une vraie affirmation de moi, imprécision récurrente… J’ai tout ça aussi. Qu’en faire, que faire de mes propres limites ?

A titre d’hypothèse : exprimer seulement des « qualités », ce n’est pas exprimer la condition humaine.   Ainsi je mènerai une vie plus riche, en étant conscient de ces faces sombres autant que possible, en les acceptant comme des limites de mon réel, en en tenant compte pour détecter les moments où je dysfonctionne, pour m’ouvrir à d’autres propositions et aux autres. Je sais bien d’ailleurs que quand je ne le fais pas, quand je me persuade que je suis dans le vrai et le reste du monde dans l’erreur, je me « prends » généralement un mur.

Voilà donc finalement une autre valeur, accepter la face sombre des choses et de moi-même… j’ai déjà effleuré cette idée en travaillant les 3 valeurs ci-dessus : ne pas les appliquer comme des absolus, mais me rendre compte de leur relativité. Mais une réflexion là-dessus reste à faire.

En conclusion de cette première tentative d’expression, écrire ces quelques lignes m’a été utile et m’a rappelé, s’il en était besoin, à quel point mes « idées » (valeurs) prennent racine dans mes structures et mon histoire personnelle, et aussi que ces valeurs comportent une part de rigidité, de stratification autour de croyances réflexes. Accepter cela, c’est progresser vers une posture humaine.

Je constate enfin que ma description est très « psychologique », je suis parti de mon propre monde intérieur et n’ai presque pas affirmé de convictions concernant le fonctionnement du monde (est-ce mal de délocaliser nos usines,  de trop payer nos traders ou grands patrons, etc.).

Je vois aussi que je n’ai pas parlé (pas osé?) de références philosophiques, spirituelles. Pourtant j’y tiens, et j’y passe un peu d’énergie – lectures, conférences, stages…  mais il me semble plus difficile d’en parler en public, dans ce blog.

Sans doute  chacun de nous a-t-il un « plan focal », d’où il lui semble plus facile de s’exprimer : pour les uns ce sera la spiritualité ou la philo, pour d’autres les convictions sur le monde, pour moi, apparemment, ce sont des forces psychologiques. Tous ces plans sont acceptables, comme bases de départ vers un leadership humaniste !

2016-11-03T08:56:54+01:00

One Comment

  1. […] moi, qu’est-ce que l’humanisme ? (j’avais moi-même cherché mes propres réponses à cette question, en testant le parcours, […]

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