Leadership Humaniste ?

Home/Leadership Humaniste ?
Leadership Humaniste ? 2016-11-25T09:38:12+00:00

Leadership Humaniste : cette expression résume les valeurs auxquelles nous nous référons dans notre travail d’accompagnement. Mais,  « Leadership Humaniste », n’est-ce pas une opposition dans les termes ?

  • le leadership, c’est la décision, l’anticipation, le charisme mobilisateur … mais lorsqu’il s’exprime avec excès, il peut aussi dériver vers la dureté, l’insensibilité, le narcissisme.
  • l’humanisme, c’est le respect des gens, l’écoute, la bienveillance… mais lorsqu’il s’exprime avec excès, il peut aussi dériver vers la surprotection, la difficulté à décider, l’immobilisme.

La proposition, la quête du Leadership Humaniste, c’est de réconcilier les valeurs positives du leadership et l’humanisme – dans le monde professionnel, pour ce qui me concerne. Rechercher la synthèse, non pas un compromis mou mais une vraie synthèse dynamique et active, entre exigence et bienveillance; entre la mission et les relations humaines; entre le souci de l’autre et énergie de l’action.

Cette synthèse est plus que jamais à l’ordre du jour. L’engagement, l’adhésion, la valorisation de chacun dans sa créativité et son intelligence, sont indispensables à tous les dirigeants d’aujourd’hui dans le monde professionnel.

Qu’est-ce qu’un « leader humaniste » ? Comment progresser dans cette direction ?

Lorsque l’on soumet ces mots à discussion, les premières réactions pointent vers des normes sociales : le leader humaniste devrait être plus gentil, plus charismatique, plus ceci ou cela.

Ma proposition ici est d’un ordre différent : le Leader Humaniste s’efforce… d’exercer un leadership, c’est-à-dire de provoquer un mouvement dans une direction une dynamique qu’il juge positive; et… d’être humaniste, c’est-à-dire de prendre en compte avec bienveillance les personnes – y compris lui-même. Une définition très large donc, et dans laquelle des styles très différents pourront se reconnaître : on peut être un leader humaniste directif, exigeant, empathique, visionnaire… pourvu que l’on tende vers cette synthèse entre leadership et humanisme, sans lâcher l’un ni l’autre. Pas si facile…

Le leader humaniste entraîne les autres dans une dynamique positive, c’est-à-dire au service d’une mission légitime et de valeurs humaines exprimées. Il prend en compte avec bienveillance, au cœur de son action, les personnes concernées et ce qu’elles vivent.

En savoir plus

Accompagnement au Leadership Humaniste

Un programme spécifique en sept étapes pour reconnaître, nourrir et mettre en oeuvre son propre style de leadership humaniste
En savoir plus

Mais encore ?

Cette définition est volontairement très condensée et très ouverte : chacun formera sa propre version, son propre « mix » de valeurs et de pratiques pour progresser dans la direction d’un leadership humaniste. Le véritable modèle du leadership humaniste, c’est le vôtre ! Notre rôle est de vous accompagner pour le découvrir, l’explorer, l’exercer concrètement au travail.

Ainsi pour certains, « Leadership Humaniste » rimera avec des missions d’utilité sociale, ou avec des organisations soucieuses de l’environnement, des droits et du bien public. Pour d’autres, les clés sont dans le fonctionnement interne : management participatif, bienveillance et respect des salariés, voire « entreprises libérées » ou « entreprises opale » suivant les concepts du moment. D’autres encore placeront l’humanisme essentiellement dans leurs attitudes personnelles : courage, empathie, lucidité, solidarité.. ou toutes autres vertus humaines.

Dans un cas comme dans l’autre, le Leadership Humaniste n’est pas un état prédéfini, une norme vérifiable par des critères externes : c’est une progression, un effort, une quête pour employer un mot un peu grandiose mais exact. Le seul « juge de paix » de votre leadership humaniste, c’est vous-mêmes. Ainsi, le leadership humaniste ne se conçoit qu’en conscience. Conscience de soi-même, de ses valeurs, de ses actes, de ses émotions, de ses limites; conscience des autres; conscience des situations, de l’environnement, des réalités. La quête du Leadership Humaniste, même lorsqu’elle passe principalement par des questions très concrètes, est au fond une quête de la pleine conscience de soi-même au travail.

Revenons sur terre et à LA question que l’on me pose ou m’oppose en première intention : non, le leadership humaniste n’est pas une affaire de bisounours. On peut d’ailleurs en trouver de très belles incarnations chez des personnes en charge d’exercer la force au service de la société (militaires, gendarmes). Dans les organisations de travail, générer du bien-être au travail est déjà un art délicat; mais conduire une restructuration non évitable de manière responsable et humaine, ou traverser une véritable crise en leader humaniste, là sont les vrais défis.

Vos questions les plus fréquentes sur le Leadership Humaniste :

Non ! Le leadership humaniste s’applique absolument à tout le monde.

Le leadership, c’est la capacité d’entraîner à un mouvement, un parcours. A tous les postes d’une organisation, nous avons la liberté de définir notre attitude, notre manière de nous insérer dans le groupe, et ce que nous proposons en tant que personne à ce groupe. Il y a toujours la place pour un leadership du calme, de la bonne humeur, de la politesse, du confort, de l’opposition, que sais-je…

Je me souviens d’une hôtesse d’accueil, dans une grande entreprise, qui avait décidé par elle-même d’utiliser son talent pour faire de magnifiques bouquets et les placer dans l’entrée, diffusant dès le matin une touche de beauté et de fraîcheur. C’est du leadership !

Le leadership humaniste implique la prise de conscience de ce que vivent les personnes, y compris soi-même : c’est cela le critère ultime – la conscience.

Quant aux critères, aux bonnes et aux mauvaises pratiques, aux gens « in » ou « out », attention : si elles deviennent une règle mécanique, elles sont justement l’opposé du leadership humaniste.

Sur le terrain, on peut être un leader humaniste directif ou délégatif, affirmé ou réservé, charismatique ou timide, gentil ou exigeant, courageux ou prudent… toutes ces polarités sont des qualités humaines, à chacun d’en exprimer sa propre composition.

En vous posant cette question, vous commencez à l’être. Le leadership humaniste, c’est lorsque l’homme porte sa conscience sur son leadership et sur ses relations.

Le leadership humaniste parfait n’existe pas : c’est un chemin de questionnement, de progrès, de développement personnel. On y rencontre des succès, des échecs, des satisfactions, des doutes.

Beaucoup !

Je les rencontre en coaching, lorsqu’ils se questionnent sur leurs pratiques – le plus souvent ce sont des dirigeants ou des managers, mais le leadership humaniste concerne tout le monde. Je suis quelquefois épaté par la justesse, la solidité de leurs pratiques. Le leadership humaniste est souvent discret et anonyme..

Peut-être…

Nelson Mandela était sans doute un leader humaniste particulièrement doué. Mais lui-même a fait un chemin d’évolution, dépassant la lutte armée qu’il prônait à ses débuts.

Je crois que le leadership humaniste peut se travailler, se développer, s’exercer. Dans chacune de mes initiatives,

  • suis-je clair sur mes objectifs, sur le sens de ce que je propose, sur les valeurs qui sous-tendent mon action ? L’ai-je partagé ?
  • ai-je pris le temps d’entendre, de comprendre ce que vivent les gens, y compris moi-même, en rapport avec mon action ?

je peux vous assurer qu’à partir de ces deux simples questions, vous aurez de quoi travailler et progresser sur les 50 ans de votre vie professionnelle.

Non !  Si l’on ne fait que protéger les gens sans assumer les missions, sans proposer d’orientation, sans entraîner les autres vers un voyage de changement et de développement, il n’y a pas de leadership.

Le leadership humaniste peut être rigoureux, exigeant : ce sont aussi des valeurs humaines. Il prend en compte les difficultés éventuelles des gens, mais les met en balance avec les exigences de la mission – si possible en transparence, dans le dialogue.

Le leadership bisounours, lorsque l’on protège sans limite et sans direction, nie les capacités des gens, réprime leur expression. J’ai vu des situations soi-disant protectrices mais sans tension des objectifs, sans juste reconnaissance du travail bien ou mal fait, tourner à l’enfer.

C’est en oubliant l’humanité que l’on prépare les guerres. Parions qu’un leadership un peu plus humaniste, tenant un peu mieux compte des gens, génèrerait moins de tensions. Le temps de gérer les crises, il faut le prendre avant qu’elles n’arrivent !

Lorsque les crises sont là, c’est le rôle du leadership de les assumer, y compris à travers des décisions dures. L’humanisme en situation de crise, c’est d’exprimer les valeurs qui vous guident, de compatir authentiquement avec les personnes en difficulté, de donner à chacun l’occasion d’exprimer le meilleur de lui-même face aux réalités.

Désolé pour nos amis germanophones – mais les excès d’un leadership insensible sont quelquefois évoqués à travers ce mot.

La différence, c’est la conscience et la prise en compte de ce qui se passe pour les gens. Le leadership inconscient n’en tient pas compte, il avance vers ses objectifs coûte que coûte, en écrasant tout et tous, voire le leader lui-même.

Mais le leadership en lui-même, avec son énergie vitale et créatrice, est une fonction humaine et sociale indispensable. Combien de grandes avancées humaines, sont passées par l’initiative d’un individu ou d’un groupe, qui a emmené les autres derrière lui …

Suivez le fil de deux questions :

  • quels sont le sens et la légitimité, quelles sont les valeurs qui sous-tendent mon action ?
  • jusqu’à quel point ai-je perçu et compris, ce que vivent les personnes concernées – moi compris ?

… et venez m’en parler  !

Un chemin, bien sûr !

« le but est le chemin » – je ne sais plus l’origine de cette parole de sagesse, qui s’applique à l’ensemble de nos vies..

Si vous pensez avoir atteint le nirvana du leadership humaniste, c’est bien, mais faites une pause salutaire, puis attaquez-vous à la suite : il n’y a pas de limite, ni à la mission de l’homme, ni à la qualité ses relations. Rien de ce qui est vivant n’est figé, acquis pour toujours.

Oui, je le crois. La spiritualité, c’est le champ de ce qui est plus grand que nous, de ce qui est « au-delà ». L’attention aux valeurs, l’attention aux autres, la volonté de progresser et se développer, sont pour moi des démarches spirituelles.

Cependant à mon sens, le leadership humaniste n’est pas guidé par une forme particulière de spiritualité. Au contraire, en s’ouvrant aux personnes, il s’ouvre à la liberté de conscience, à la tolérance, à la diversité. Chacun pourra trouver dans ses propres convictions spirituelles ou philosophiques, l’inspiration qui colorera sa forme particulière de leadership humaniste.

C’est aussi vrai pour moi-même : ce blog, cette démarche ne sont pas « neutres », on peut les rattacher à des courants philosophiques et spirituels – je n’ai pas la culture suffisante pour la faire avec pertinence, ma maigre culture philosophique a été principalement acquise après mon engagement pour ce concept du leadership humaniste.

On peut dire cela, ce mot « alliance » est le bon. On reconnaît bien sûr les valeurs symboliques traditionnelles du masculin et du féminin, ou du Yin et du Yang. Je suis cependant mal à l’aise avec une sur-simplification trop fréquente, dans laquelle on oppose en réalité les valeurs en excès / dérive du masculin, aux valeurs positives du féminin. En réalité, les deux polarités sont en chacun de nous. Non, les valeurs masculines n’ont rien de nuisible !!

Oui ! Je suis tout à fait d’accord.

Tout manager ou dirigeant expérimenté a pu constater qu’en respectant les gens, en leur proposant une direction, on obtient plus de résultats et on instaure un climat plus positif, plus agréable pour tous. D’innombrables leaders humanistes tiennent la société en vie, partout, sans avoir eu besoin d’y apposer ce nom grandiloquent.

Références et inspirations

Ce concept du leadership humaniste s’appuie sur plusieurs sources d’inspiration… que je ne vais qu’effleurer ici :

  • les concept d’individuation et de réalisation du Soi, développés par C.G. Jung : développer son leadership humaniste, c’est rechercher un chemin d’individuation au travail
  • l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers – reflétée par une posture d’aide non normative, non conceptuelle : je ne sais pas et ne saurai jamais ce qu’est pour vous le leaderhip humaniste, mais je peux vous aider à le découvrir et à le vivre
  • le personnalisme communautaire d’Emmanuel Mounié, qui propose une voie philosophico-sociale qui intègre les attentions au collectif et à l’individu
  • la philosophie de Spinoza – « Deus, sive natura » (Dieu, c’est-à-dire la Nature) : Tout ce qui est est Dieu, donc sacré – y compris ce qui « est » dans notre psyché, c’est-à-dire les ressentis, les émotions. C’est une approche fondamentalement scientifique, humble devant la réalité – et qui nous amène à respecter chaque personne, chaque ressenti, chaque inspiration comme aussi valable en essence, que toute autre
  • la théorie du « leadership authentique », que j’ai personnellement découverte bien après avoir écrit ces lignes, et qui met l’accent sur le style personnel de chacun en tant que leader :  « Est authentique ce qui est fidèle à soi-même »
  • … et aussi : Ken Wilber, Peter Senge, Victor Frankl, Kirkegaard, Marc-Aurèle, … (explications sur demande)

Edit : Je ne peux pas vous laisser dans l’ignorance du beau livre de Jacques Lecomte, l’un des principaux héraults de la psychologie positive en France…

A voir aussi: le magazine du Leadership Humaniste

Jeter un coup d'oeil
Jeter un coup d'oeil
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com