Leadership Humaniste ?

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Leadership Humaniste ? 2017-09-15T10:58:35+00:00

Leadership Humaniste : cette expression résume les valeurs auxquelles je me réfère dans mon travail d’accompagnement. Mais,  « Leadership Humaniste », n’est-ce pas une opposition dans les termes ?

  • le leadership, c’est la décision, l’anticipation, le charisme mobilisateur … mais lorsqu’il s’exprime avec excès, il peut aussi dériver vers la dureté, l’insensibilité, le narcissisme.
  • l’humanisme, c’est le respect des gens, l’écoute, la bienveillance… mais lorsqu’il s’exprime avec excès, il peut aussi dériver vers la surprotection, la difficulté à décider, l’immobilisme.

La proposition, la quête du Leadership Humaniste, c’est de réconcilier les valeurs positives du leadership et l’humanisme – dans le monde professionnel, pour ce qui me concerne. C’est la recherche d’une synthèse, non pas d’un compromis mou mais d’une vraie synergie dynamique et active, entre exigence et bienveillance; entre l’engagement pour la mission et l’attention aux personnes; entre le souci de l’autre et l’énergie de l’action.

Cette synthèse est plus que jamais à l’ordre du jour. L’engagement, l’adhésion, la valorisation de chacun dans sa créativité et son intelligence, sont indispensables à tous les dirigeants d’aujourd’hui dans le monde professionnel.

Qu’est-ce qu’un « leader humaniste » ? Comment progresser dans cette direction ?

Lorsque l’on soumet ces mots à discussion, les premières réactions pointent vers des normes sociales : le leader humaniste devrait être plus gentil, plus charismatique, plus ceci ou moins cela.

Ma proposition ici est d’un ordre différent : le Leader Humaniste s’efforce… d’exercer un leadership, c’est-à-dire de provoquer un mouvement dans une direction une dynamique qu’il juge positive; et… d’être humaniste, c’est-à-dire de prendre en compte avec bienveillance les personnes – y compris lui-même. Une définition très large donc, et dans laquelle des styles très différents pourront se reconnaître : on peut être un leader humaniste directif, exigeant, empathique, visionnaire… pourvu que l’on tende vers cette synthèse entre leadership et humanisme, sans lâcher l’un ni l’autre. Pas si facile…

Le leader humaniste entraîne les autres dans une dynamique positive, c’est-à-dire au service d’une mission légitime et de valeurs humaines exprimées. Il prend en compte avec bienveillance, au cœur de son action, les personnes concernées et ce qu’elles vivent.

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Mais encore ?

La définition ci-dessus est volontairement très condensée et très ouverte : chacun formera sa propre version, son propre « mix » de valeurs et de pratiques pour progresser dans la direction du  Leadership Humaniste. Le véritable modèle du leadership humaniste, c’est le vôtre ! Mon rôle est de vous accompagner pour le découvrir, l’explorer, le développer, l’exercer concrètement au travail.

Ainsi pour certains, « Leadership Humaniste » rimera avec des missions d’utilité sociale, ou avec des organisations soucieuses de l’environnement, des droits de l’homme, du bien public. Pour d’autres, les clés sont dans le fonctionnement de leurs organisations : management participatif, bienveillance et respect des salariés, voire « entreprises libérées » ou « entreprises opale » suivant les concepts du moment. D’autres encore placeront l’humanisme essentiellement dans leurs attitudes personnelles : courage, exemplarité, empathie, lucidité, solidarité.. ou toutes autres vertus humaines.

Dans un cas comme dans l’autre, le Leadership Humaniste n’est pas un état prédéfini, une norme vérifiable par des critères externes : c’est une progression, un effort, une quête. Le seul « juge de paix » de votre leadership humaniste, c’est vous-mêmes. Ainsi, le leadership humaniste ne se conçoit qu’en conscience. Conscience de soi-même, de ses valeurs, de ses actes, de ses émotions, de ses limites; conscience des autres; conscience des situations, de l’environnement, des réalités. La quête du Leadership Humaniste, même lorsqu’elle passe principalement par des questions très concrètes, est au fond une quête de la pleine conscience au travail.

Revenons sur terre et à LA question que l’on me pose ou m’oppose en première intention : non, le leadership humaniste n’est pas une affaire de bisounours. On peut en trouver de très belles incarnations chez des personnes en charge d’exercer la force au service de la société (militaires, gendarmes). Dans les organisations de travail, générer du bien-être au travail est déjà un art délicat; mais conduire une restructuration non évitable de manière responsable et humaine, ou traverser une véritable crise en leader humaniste, voilà de grands défis.

Vos questions les plus fréquentes sur le Leadership Humaniste :

Non ! Le Leadership Humaniste s’applique absolument à tout le monde.

Le leadership, c’est la capacité d’entraîner à un mouvement, un parcours. A tous les postes d’une organisation, nous avons la liberté de définir notre attitude, notre manière de nous insérer dans le groupe, et ce que nous proposons en tant que personne à ce groupe. Tous les leaders ne sont pas charismatiques, et il y a place pour un leadership du calme, de la bonne humeur, de la politesse, de l’opposition critique, que sais-je…

Je me souviens d’une hôtesse d’accueil, dans une grande entreprise, qui avait décidé par elle-même d’utiliser son talent pour faire de magnifiques bouquets et les placer dans l’entrée, diffusant dès le matin une touche de beauté et de fraîcheur. C’est du leadership !

Attention au normes et aux règles, aux listes de bonnes et mauvaises pratiques, aux gens « in » ou « out » :appliquées mécaniquement, elles sont à l’opposé du leadership humaniste.

Sur le terrain, on peut être un leader humaniste directif ou délégatif, affirmé ou réservé, charismatique ou timide, gentil ou exigeant, courageux ou prudent… toutes ces polarités sont des qualités humaines, à chacun d’en exprimer sa propre composition.

Le critère d’une démarche de Leadership Humaniste, c’est l’expression d’une intention, d’une dynamique profondément liée aux valeurs personnelles de chacun, et l’attention bienveillante à ce que vivent les personnes, y compris soi-même.

En vous posant cette question, vous commencez à l’être. Le Leadership Humaniste, c’est lorsque l’homme porte sa conscience sur son leadership et sur ses relations.

Le Leadership Humaniste parfait n’existe pas : c’est un chemin de questionnement, de progrès, de développement personnel. On y rencontre des succès, des échecs, des satisfactions, des doutes. C’est bon signe !

Beaucoup !

J’en rencontre quotidiennement en coaching, lorsqu’ils questionnent leurs valeurs et leurs pratiques. Je suis quelquefois épaté par la justesse, la solidité de leurs pratiques dans des situations difficiles. Le leadership humaniste est souvent discret et anonyme… Quant aux personnages de notre vie publique, je laisserai chacun juge.

Peut-être…

Nelson Mandela était sans doute un leader humaniste particulièrement doué. Mais lui-même a fait un chemin d’évolution, dépassant la lutte armée qu’il prônait à ses débuts.

Je crois que le leadership humaniste peut se travailler, se développer, s’exercer. Dans chacune de mes initiatives,

  • suis-je clair sur mes objectifs, sur le sens de ce que je propose, sur les valeurs qui sous-tendent mon action ? L’ai-je partagé ?
  • ai-je pris le temps d’entendre, de comprendre ce que vivent les gens, y compris moi-même, en rapport avec mon action ?

je peux vous assurer qu’à partir de ces deux simples questions, vous aurez de quoi travailler et progresser sur les 50 ans de votre vie professionnelle.

Non !  Si l’on ne fait que protéger les gens sans sans proposer d’orientation, sans entraîner les autres vers un voyage de changement et de développement, sans confronter les difficultés, il n’y a pas de leadership.

Le leadership humaniste peut être rigoureux, exigeant : ce sont aussi des valeurs humaines. Il prend en compte les difficultés éventuelles des gens, mais les met en balance avec les exigences de la mission.

Le leadership bisounours, lorsque l’on protège sans limite et sans direction, nie les capacités des gens à prendre leurs responsabilités, réprime leur développement. J’ai vu des situations soi-disant protectrices mais sans tension des objectifs, sans juste reconnaissance du travail bien ou mal fait, tourner à l’enfer.

C’est en oubliant l’humanité que l’on prépare les guerres. Parions qu’un leadership un peu plus humaniste, tenant un peu mieux compte des gens, génèrerait moins de tensions. Le temps de gérer les crises, il faut le prendre avant qu’elles n’arrivent !

Lorsque les crises sont là, c’est le rôle du leadership de les assumer, y compris à travers des décisions dures. L’humanisme en situation de crise, c’est d’exprimer les valeurs qui vous guident, de compatir authentiquement avec les personnes en difficulté, de donner à chacun l’occasion d’exprimer le meilleur de lui-même face aux réalités.

Désolé pour nos amis germanophones – mais les excès d’un leadership insensible sont quelquefois évoqués à travers ce mot.

La différence entre Leadership Humaniste et Führership, c’est la conscience et la prise en compte de ce qui se passe pour les gens. Le leadership inconscient n’en tient pas compte, il avance vers ses objectifs coûte que coûte, écrasant tout et tous, voire le leader lui-même.

Mais le leadership en lui-même, avec son énergie vitale et créatrice, est une fonction humaine et sociale indispensable. Combien de grandes avancées humaines, sont passées par l’initiative d’un individu ou d’un groupe, qui a emmené les autres derrière lui ?

Suivez le fil de deux questions :

  • qu’est-ce que je cherche à réaliser au travail? Quels sont le sens, la légitimité, les valeurs qui sous-tendent mes actions ?
  • jusqu’à quel point ai-je perçu, compris, pris en compte ce que vivent les personnes concernées – moi compris ?

… et venez m’en parler  !

C’est l’état d’être en chemin  !

« le but est le chemin » – je ne sais plus l’origine de cette parole de sagesse, qui s’applique à l’ensemble de nos vies..

Si vous pensez avoir atteint le nirvana du leadership humaniste, c’est bon pour votre ego, mais faites une pause puis observez ce qui vous reste à parcourir et attaquez-vous à la suite : il n’y a pas de limite, ni à la mission de l’homme, ni à la qualité ses relations. Rien de ce qui est vivant n’est figé, acquis pour toujours.

Oui, sans aucun doute. La spiritualité, c’est le champ de ce qui est plus grand que nous, de ce qui est « au-delà ». L’attention aux valeurs, l’attention aux autres, la volonté de progresser et se développer, sont des démarches spirituelles.

Cependant le Leadership Humaniste tel que je le propose ici, n’est pas guidé par une forme particulière de spiritualité ou de religion. Au contraire, en s’ouvrant aux personnes, il s’ouvre à la liberté de conscience, à la tolérance, à la diversité. Chacun pourra trouver dans ses propres convictions spirituelles ou philosophiques, l’inspiration qui colorera sa vision particulière du Leadership Humaniste.

C’est aussi vrai pour moi-même : ce blog, cette démarche ne sont pas « neutres », ils sont certainement inspirés par une spiritualité… qui reste personnelle. Le Leadership Humaniste peut certainement se rattacher à des courants philosophiques  – je n’ai pas la culture suffisante pour le faire avec pertinence.

On peut dire cela, ce mot « alliance » est le bon. Dans « Leadership » et « Humaniste », on peut reconnaître les valeurs symboliques traditionnelles du masculin et du féminin,  du Yin et du Yang. Je suis cependant mal à l’aise avec une sur-simplification fréquente actuellement, dans laquelle on oppose les valeurs en excès / dérive du masculin, aux valeurs positives du féminin. En réalité, les deux polarités sont en chacun de nous, elles sont de même valeur, elles sont toutes deux sujettes aux risques d’excès. Non, les valeurs masculines n’ont rien de nuisible !!

Oui ! Je suis tout à fait d’accord.

Tout manager ou dirigeant expérimenté a pu constater qu’en respectant les gens et en leur proposant une direction, on obtient des résultats et on instaure un climat positif, agréable pour tous. D’innombrables leaders humanistes tiennent la société en vie, partout, sans avoir eu besoin d’y apposer ce nom grandiloquent.

Développer son Leadership Humaniste, c’est faire grandir la sphère du bon sens…

Références et inspirations

Ce concept du leadership humaniste s’appuie sur plusieurs sources d’inspiration… que je ne vais qu’effleurer ici :

  • les concept d’individuation et de réalisation du Soi, développés par C.G. Jung : développer son leadership humaniste, c’est rechercher un chemin d’individuation au travail
  • l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers – reflétée par une posture d’aide non normative, non conceptuelle : je ne sais pas et ne saurai jamais ce qu’est pour vous le leaderhip humaniste, mais je peux vous aider à le découvrir et à le vivre
  • le personnalisme communautaire d’Emmanuel Mounié, qui propose une voie philosophico-sociale qui intègre les attentions au collectif et à l’individu
  • la philosophie de Spinoza – « Deus, sive natura » (Dieu, c’est-à-dire la Nature) : Tout ce qui est est Dieu, donc sacré – y compris ce qui « est » dans notre psyché, c’est-à-dire les ressentis, les émotions. C’est une approche fondamentalement scientifique, humble devant la réalité – et qui nous amène à respecter chaque personne, chaque ressenti, chaque inspiration comme aussi valable en essence, que toute autre
  • la théorie du « leadership authentique« , proposée par Avolio et Gardner (attention aux réutilisations « pubesques » de l’expression) – que j’ai découverte bien après avoir écrit ces lignes, et qui met l’accent sur le style personnel de chacun en tant que leader :  « Est authentique ce qui est fidèle à soi-même »
  • on me dit que les écrits de Paul Ricoeur, inspirateur notable d’Emmanuel Macron, sur philosophie délibérative font écho aux concepts du Leadership Humaniste : « Il a réfléchi sur la possibilité de construire une action qui ne soit pas verticale (c’est-à-dire qui ne soit pas prise dans une relation de pouvoir), mais une action qui échappe dans le même temps aux allers-retours permanents de la délibération ».
  • … et aussi : Ken Wilber, Peter Senge, Victor Frankl, Kirkegaard, Marc-Aurèle, … (explications sur demande)

Edit : Je ne peux pas vous laisser dans l’ignorance du beau livre de Jacques Lecomte, l’un des principaux héraults de la psychologie positive en France…

A voir aussi: le magazine du Leadership Humaniste

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