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Le thème du « leadership », un grand classique de la littérature anglo-saxonne, est étrangement discret dans notre monde francophone. Je crois que nous projetons sur ce mot des ombres inquiétantes; dictature, autotité extrême, focalisation sur la personne du chef.. Et puis, en France, on a quand même coupé la tête du leader il ya quelques années.

Le monde du coaching parle des dirigeants; mais ce qui est dit sur eux est finalement peu spécifique à leur métier. Dans la production anglo-saxonne il y a cependant de nombreuses idées intéressantes sur le leadership – qui d’ailleurs est, en tout cas pour moi,  un processus qui concerne tout le monde et pas seulement les titulaires des fonctions hiérarchiques supérieures. Chacun peut être leader de soi-même, d’une idée, d’un moment, d’eun mouvement.

Mick Yates est le fondateur de Leader Values, un site et blog britannique de ressources sur le le leadership qui, comme son nom l’indique, se préoccupe de valeurs.

Le cadre de référence de Mick Yates est très général, mais à mon avis toujours juste ! Mick définit le leadership comme suit :

« Leadership is the energetic process of getting other people fully and willingly committed to a new and sustainable course of action, to meet commonly agreed objectives whilst having commonly held values ».

Ensuite il propose son « modèle des 4E »* :

Envison, Enable, Enpower, Energize, Execute
(acquérir la vision, rendre possible, donner le pouvoir, déployer l’énergie.. .ces mots anglais polysémiques sont presque intraduisibles!).

Voir ici la petite animation Flash du modèle

Ce modèle à l’air simple et classique, mais appliqué  sans compromission (sans laisser de zones aveugles), il offre une vision assez complète de la situation et des  dimensions humaines en jeu, et peut guider le processus de coaching.

Par exemple, le « fully and willingly commited » ci-dessus. L’art du leader est de faire faire aux gens des choses qu’ils souhaitent faire…pour exécuter sa vision. Pure injonction paradoxale! S’il veut s’en sortir autrement que par de médiocres tentatives de manipulation – médiocres parce que vouées à l’inefficacité, le leader doit – nous disent Watzlawick et l’expérience des réalités de l’entreprise – passer en potition méta. C’est-à-dire, partager avec ses « suiveurs » : leurs cadres de références respectifs, leurs ressentis, leur relation.

Voilà l’un des fils à tirer de ce cadre de référence sur le leadership.

* Note : Ceux qui estimeraient que ce modèle des 4E comporte plutôt 5 éléments et que cela perturbe, peuvent s’adresser directement à l’auteur. Je n’ai pas l’explication…