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Séances de yoga, massages… De plus en plus d’entreprises organisent des ateliers destinés à diminuer le stress de leurs salariés… malgré des effets peu tangibles. A l’occasion de la semaine pour la qualité de vie au travail, on fait le point.

Source : Les ateliers bien-être au travail: un simple gadget? – L’Express L’Entreprise

Un bon article dans ce lien, qui fait le point sur la pratique des « Ateliers Bien-Etre » au travail.

On y dit le point essentiel qui concerne le bien-être au travail : il dépend, avant tout, de « l’organisation » – le travail lui-même, le rôle du management, etc… j’ai partagé ce message à de très nombreuses reprises, notamment en proposant mon propre modèle « Manager pour le bien-être au travail ».

Ceci dit ces attentions concrètes au bien-être des gens, les massages, le yoga, les espaces détentes, etc. ne sont pas à négliger. On perçoit encore une gêne, des sourires en coin, face à ces démarches – l’article fait d’ailleurs transparaitre ces attitudes. Pensons-y : s’occuper ou se préoccuper des gens, « en plein 21ème siècle » comme dirait ma grand-mère si elle était là, c’est encore « off », expérimental, discret !!!

L’article cite aussi la classique objection de fond, suivant laquelle ces démarches « rendent le salarié seul responsable de sa bonne santé physique et mentale », tout en évitant de faire remonter les problèmes. Oui, c’est un problème si l’on croit tout résoudre par ces seules attentionsindividuelles; mais qui a évoqué cette exclusive ? Pour moi, les (bonnes) approches et les (bonnes) idées s’additionnent : on peut parfaitement travailler sur son organisation, ET proposer aux individus des approches individuelles de soutien. Dans un certain passé, la plupart des membres de mon équipe ont suivi des séances de gestion du stress basées sur le yoga, et ils en étaient ravis. Faudrait-il refuser tout ce qui peut aider, dès lors que cela ne correspondrait pas à une vision idéologique, suivant laquelle l’entreprise est – et doit rester-  une exploiteuse inhumaine ?

Par ailleurs l’article cite une étude danoise prometteuse sur les facteurs de la satisfaction au travail, malheureusement sans citer la source – je ne l’ai pas trouvée facilement, la recherche continue. Voici cependant un lien vers l’un des auteurs de l’étude cité par l’article, Vincent Grosjean, et en particulier vers un texte très équilibré et intéressant sur le site de l’INRS  (.. et gratuit, comme toujours pour l’INRS). Ce texte est un « must » pour tout intervenant actif dans le champ du bien-être au travail ou des risques psychosociaux. Il privilégie une approche systémique, visant à donner aux salariés eux-mêmes le premier rôle dans l’évaluation de leur vécu et de leurs besoins, et qui se focalise sur l’engagement d’actions concrètes de résolution discutées collectivement plutôt que sur une démarche de diagnostic expert.

INRS