L’individuation selon Carl Gustav Jung

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L’individuation selon Carl Gustav Jung

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Carl Gustav Jung est l’une de mes références fondamentales, et en toute humilité, je garde souvent à l’esprit dans ma pratique le processus d’individuation qu’il a décrit, en particulier lorsqu’il s’agit de recréer, réinventer une nouvelle orientation et identité professionnelle.

CG Jung est le  Maître de la psychologie des profondeurs et du « devenir soi-même ». Son oeuvre est vaste, et aux trois quarts encore inconnue ou incomprise (y compris de moi!).

On pourrait décrire  le processus d’individuation comme un développement favorable de l’individu, une réalisation de ses aspirations profondes.  Le parcours de CG Jung lui-même, et donc naturellement la clé de ses concepts , c’est sans doute un fantastique effort de conjonction  des opposés : conscient et inconscient, bien et mal, individuel et collectif,… Pour lui c’est en affrontant cette tâche, notamment en entreprenant l’exploration de nos propres dimensions inconscientes, que nous pouvons nous engager sur un chemin authentique de réalisation – et non pas en cherchant à éliminer un pôle, par exemple éliminer le mal et l’erreur.

Il serait sans doute intéressant de confronter cette vision, bien sûr en lapprofondissant un peu, avec la pratique du coaching. En particulier, je vous promet un prochain article sur la valeur des limites, des défauts, des faiblesses du client… et du coach !

Pour le moment, je me contenterai de citer littéralement  :

« On pourrait donc traduire le mot d’ « individuation » par « réalisation de soi-même « , « réalisation de son soi « . »

« L’individualisme accentue à dessein et met en relief la prétendue particularité de l’individu, en opposition aux égards et aux devoirs en faveur de la collectivité. L’individuation, au contraire, est synonyme d’un accomplissement meilleur et plus complet des tâches collectives d’un être, une prise en considération suffisante de ses particularités permettant d’attendre de lui qu’il soit dans l’édifice social une pierre mieux appropriée et mieux insérée que si ces mêmes particularités demeuraient négligées ou opprimées. »

« Car enfin, que faut-il entendre par la particularité d’un individu? Elle ne signifie point étrangeté de sa substance ou de ses composantes, mais essentiellement le rapport singulier du mélange de ses composantes et le degré infiniment nuancé et progressif de la différenciation de ses fonctions et de ses capacités, ces dernières étant de nature universelle. »

« L’individuation n’a d’autre but que de libérer le Soi, d’une part des fausses enveloppes de la persona, et d’autre part de la force suggestive des images inconscientes. « 

C.G. Jung Dialectique du moi et de l’inconscient

Et sur les circonstances perosnnelles de l’élaboration de sa théorie :

« Ma maladie eut encore d’autres retentissements : ils consis­tèrent, pourrais-je dire, en une acceptation de l’être, en un « oui » inconditionnel à ce qui est, sans objection subjective, en une acceptation des conditions de l’existence, comme je les vois, comme je les comprends; acceptation de mon être, simplement comme il est.

Au début de ma maladie j’avais le sentiment que l’attitude qui avait été la mienne avait été une erreur et que j’étais en quelque sorte responsable moi-même de l’accident. Mais lorsqu’on suit la voie de l’individuation, lorsqu’on vit sa vie, il faut aussi prendre l’erreur à son compte, sans laquelle la vie ne serait pas complète. Rien ne nous garantit — à aucun instant — que nous ne tombons pas dans une erreur ou dans un danger mortel. On pense peut-être qu’il y a une voie sûre; or, celle-ci serait la voie des morts. Alors rien ne se produit plus, et en aucun cas ne se produit ce qui est juste. Qui suit la voie sûre est comme mort.

Ce n’est qu’après ma maladie que je compris combien il est important d’accepter son destin. Car ainsi il y a un moi qui ne flanche pas quand surgit l’incompréhensible. Un moi qui tient et du destin. Alors une défaite peut être en même temps victoire. Rien n’est troublé, ni au dedans ni au dehors, car notre propre continuité a résisté au fleuve de la vie et du temps. Mais cela ne peut se produire que si notre prétention n’interdit pas au destin de manifester ses intentions.

J’ai aussi compris que l’on doit accepter les pensées qui se forment d’elles-mêmes en nous comme une partie de notre propre réalité et ce en dehors de tout jugement de valeur. Les catégories du vrai et du faux existent certes toujours, mais parce qu’elles ne sont pas contraignantes, elles restent en marge. Car l’existence des idées est plus importante que le jugement subjectif que l’on porte sur elles. Les jugements toutefois, en tant qu’idées existantes, ne doivent pas non plus être réprimés, car ils font partie de l’expression de la totalité. »

C.G. Jung Ma Vie

2016-11-03T08:56:48+01:00

One Comment

  1. Soloist 2 décembre 2010 at 12 h 55 min - Reply

    Je cherche des personnes pour échanger au sujet de l'approche de C G JUNG.
    Je suis un particulier de 36 ans, habitant en Vendée, et je ne trouve pas de Psychologue orienté Jung vers chez moi.
    Je jette alors, sur la toile, toutes les bouteilles possibles pour avoir un échange de qualité sur ce sujet. Pour l'instant sans résultat…
    Peut-on échanger ?
    Merci de votre éventuelle réponse.
     

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