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Drôle d’ambiance chez certains de nos clients, managers et dirigeants d’une facette du monde – l’économie – qui semble vaciller.

Je me sens moi aussi touché par cette crise, et interrogé en tant que coach et consultant – qui plus est, un hot linkcoach marqué par une position « humaniste » assumée et un enagement « alter ».  Sentiment d’amère victoire d’abord, d’avoir eu raison contre la richesse virtuelle, la finance sans âme, l’économie de l’illusion … Mais mon métier consiste à accueillir l’autre, pas à me venger à travers lui des défauts du monde.

Cette situation exceptionnelle me repose encore d’une autre façon, le grand défi rogérien : concilier l’empathie et la congruence, accueillir le client et soi-même tout autant.

  • Si je ne dis rien et me limite à accueillir ses problèmes, je ne suis pas congruent. Je lui démontre que je ne suis pas tout à fait un être humain normal – pas concerné, pas touché, pas mis en cause, je suis inoxydable ou peut-être simplement pas intéressé à partager avec lui. J’invite mon client à la projection, et échoue à manier le mystérieux accélérateur de la relation de personne à personne.
  • Si au contraire j’envahis la séance par un discours sur la situation, je ne suis pas empathique et je me parle à moi-même. La séance n’est plus l’espace où le vécu de mon client peut s’exprimer et, peut-être, se dénouer.

Ainsi je choisis quelquefois de parler de la situation du monde, si le sujet vient de manière signifiante.

Cela peut donner des séances, ou des séquences dans une séance, qui ressemblent un peu à une causerie. Avec les limites qui conviennent, la causerie peut constituer un précieux moment de vérification et d’approfondisement de l’alliance, celle qui nous unit dans la confiance et la coopération. En effet c’est bien le fait de progresser en travaillant avec un être humain semblable à lui, limité et touché, qui remet le client sur le chemin de lui-même – je crois.

Dans cette optique, partager mon avis sur des questions importantes pour moi, si ces questions apparaissent chez le client, devient presque une obligation professionnelle.  A moi, sherpa appointé, de veiller à ce que cet échange puisse être signifiant pour le client – livrer mon sentiment peut-être, mais rester centré sur le sien toujours.