Que valent (vraiment) les idées de vos collaborateurs ?

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Que valent (vraiment) les idées de vos collaborateurs ?

C’est démontré : consulter les salariés via l’innovation participative peut rapporter gros. Pour cela quelques règles doivent être respectées.

Source : Que valent (vraiment) les idées de vos collaborateurs ?

Ce lien mène sur un petit article sur les processus d’innovation participative – un volet important de l’entreprise « moderne », actuelle, adaptée, libérée, – je ne trouve plus le mot pour décrire les pratiques que je défends sur ce site, et qui devraient être aujourd’hui les pratiques normales de toutes les structures de travail.

L’article rappelle la valeur de ces processus, tant en termes de production d’idées utiles que de contribution à un climat de dialogue et de créativité.

Cependant, il m’arrive aussi de freiner les ardeurs de certains clients à mettre en place des systèmes de créativité / boite à idées.  Pourquoi? J’ai aussi vu des systèmes d’innovation participative dévier un peu de leur esprit initial, voire s’assécher. Cela arrive principalement aux systèmes de « boites à idées » géantes, lorsqu’elles sont conçues purement comme des mécanismes de remontée d’idées individuelles. Les principaux obstacles que j’ai observés sont les suivants :

  • le système produit une grosse quantité d’idées mais si peu sont retenues, que chacun se décourage.
  • les équipes chargées de la sélection, formées de spécialistes de leurs domaines, appliquent des critères qui, globalement, éliminent l’innovation (vu de mes yeux, un système très outillé qui explique en 27 pages comment l’innovation doit viser les marchés de l’entreprise, s’appuyer sur ses ressources, respecter ses procédures, regonfler, les KPI, … à la fin, rien ne sort !)
  • le processus demande une étude trop chiffrée, trop fouillée – il élimine les idées vraiment émergentes, nouvelles.
  • le processus génère une forme de compétition, dans laquelle les exprimeurs d’idées les plus rapides ne sont pas toujours leurs auteurs – et un sentiment d’inéquité, d’injustice, s’installe.

Plus globalement je crois que l’esprit d’innovation participative peut se nourrir de plusieurs types d’approches-j’ai en tout cas expérimentées toutes celles-ci avec profit:

  • la mise en place d’espaces de liberté : pour réfléchir, essayer, parler.. à l’image des fameux « 10% » de Google, qui ont produit un pourcentage de ses innovations, nettement supérieur à 10% . On a ici le droit, non seulement d’écrire une idée, mais de l’explorer, d’en parler, voire de l’essayer…
  • la mise en place d’équipes projets transversales, multi-métiers, missionnées pour l’innovation organisationnelle : j’en ai accompagné près de 40, qui chacune a proposé et expérimenté des solutions très pratiques, faisables, efficaces…
  • l’animation de démarches d’innovation ciblées, c’est à-dire orientées par une question précise plutôt que par une attente générique : améliorer un processus ou une procédure, un aménagement physique, une application,… Ici on se mobilise sur une durée courte pour un exercice non habituel de prise de recul, de réflexion, de créativité. Il s’agit ici de réunir les agents, les ouvriers, les vraies personnes au contact du terrain. Trop souvent aujourd’hui, les « innovateurs » sont des cadres et des experts qui ne connaissent pas en détail l’exécution concrète des choses, or il y a à ce niveau des gisements d’innovation incrémentale de grande valeur.
  • .. et bien entendu les « boites à idées », pour lesquelles je recommande une approche collective (dépôt en nom collectif, reconnaissance collective) pour éviter l’obstacle d’individualisme évoqué plus haut. L’idée de soumettre les idées à un « forum » incluant tout le monde voire des clients, des partenaires, du public, plutôt qu’à une équipe de technocrates experts, est excellente, elle donne vie et légitimité au processus.

Les outils du management digital peuvent être mis à contribution ici : les plateformes Jive, Microsoft et consorts offrent des possibilités importantes de dialogue en temps réel ou différé, de capitalisation, de collaboration à distance – mais elles sont très généralement sous-utilisées.

L’innovation participative finalement, c’est un état d’esprit qui demande une grande humilité, une grande ouverture, une grande maturité psychologique du management (ce n’est plus forcément les managers qui ont les bonnes idées…). Sur presque chaque sujet, la question devrait être permanente  : « bon, j’ai donné ma vision, maintenant à votre tour : quelles sont vos idées ? »

2017-04-17T18:41:09+00:00